Déclaration de l’Alhambra sur le Libre Accès

Publié le 16 juillet 2010

14 mai 2010

• Recommandations pour des politiques de développement du Libre Accès  
• Plan d’action pour développer le Libre Accès en Europe du sud

Réunis à Grenade les 13 et 14 mai 2010, en tant que groupe représentatif de parties intéressées au Libre Accès   (sociétés éditrices, bibliothèques, agences de financement, recteurs d’universités et auteurs) dans les pays du Sud de l’Europe (représentant l’Espagne, le Portugal, la France, l’Italie, la Grèce et la Turquie), nous déclarons que :

• nous reconnaissons le grand potentiel du Libre Accès pour accroître l’accessibilité et la visibilité   de la production scientifique des pays du Sud de l’Europe dont les langues principales ne sont pas l’anglais ;
• nous savons que le développement du Libre Accès est fortement lié à une évolution progressive vers un nouveau paradigme de la communication savante et scientifique ;
• nous considérons qu’il existe des difficultés pour que se développe le Libre Accès dans une période de transition de l’ère du papier au monde du numérique.

Nous recommandons :

1. de mettre en œuvre des politiques encourageant le Libre Accès à l’information scientifique ;
2. d’améliorer les actions de soutien en faveur du Libre Accès auprès des chercheurs, des décideurs politiques, etc. ;
3. de bâtir des modèles économiques alternatifs et durables pour l’édition ;
4. d’assurer la qualité des publications en Libre Accès ;
5. de favoriser les archives en Libre Accès.

Nous nous engageons à :

• explorer de nouvelles formes de coordination et de collaboration en réseau entre les parties intéressées au Libre Accès en Europe ;
• mettre en œuvre des actions soutenues pour appliquer le plan d’action ci-après pour le développement du Libre Accès dans les pays du Sud de l’Europe.


1. Mettre en œuvre des politiques encourageant le Libre Accès à l’information scientifique

Nous recommandons :

o Des politiques institutionnelles de la part des institutions académiques et de la recherche :

■ une obligation de dépôt dans des archives en Libre Accès ;
■ le soutien à la publication dans des revues en Libre Accès et des actions favorisant la transition des revues vers le modèle Libre Accès ;
■ la mise en place d’éléments de valorisation professionnelle et des incitations pour les politiques de Libre Accès ;
■ la prise en compte de contenus déposés dans des archives ouvertes lors des procédures d’appréciation et d’évaluation de la recherche.

o Des politiques institutionnelles de la part des agences de financement de la recherche :

■ des dépôts obligatoires dans des archives en Libre Accès ;
■ le remboursement aux auteurs des frais de publication  , si nécessaire.

o Des politiques nationales de la part des pouvoirs publics :

■ la création et le développement de programmes, de projets et d’infrastructures pour le Libre Accès, qui favorisent la coordination et la coopération.

o SELL et les consortiums de bibliothèques :

■ de négocier, d’agir par lobbyisme et de faciliter l’apparition de nouveaux droits de diffusion qui facilitent le Libre Accès.


2. Améliorer les actions de soutien en faveur du Libre Accès
Sachant que le Libre Accès ne préoccupe pas seulement les professionnels des bibliothèques, nous recommandons, pour compléter les actions de promotion qui ont fait leur preuve jusqu’ici :

• une valorisation des faits et les avantages constatés, principalement à destination des chercheurs, et en mettant l’accent sur la visibilité, la technologie et l’usage, entre autres ;

• une promotion auprès de parties intéressées spécifiques en particulier en créant un label qui valorise le fait que le Libre accès est la voie principale pour une science durable et le moyen d’attirer d’autres parties intéressées que les professionnels des bibliothèques.


3. Bâtir des modèles économiques alternatifs et durables pour l’édition

Nous recommandons :

• de lancer une étude sur les modèles économiques actuels pour consigner par écrit les pratiques et l’économie documentaire dans l’édition savante afin d’étayer les plans et actions du futur.


4. Assurer la qualité des archives et revues en Libre Accès

Nous recommandons :

Revues

o de garantir la qualité du contenu des revues en Libre Accès par des procédures de validation par les pairs (comme dans les autres revues savantes) et de garantir la qualité éditoriale par un respect des directives et standards internationaux (en tenant compte des différences de disciplines) ;
o de mettre un terme aux politiques d’embargo  .

Archives

o de faire progresser la validation et la certification des archives ;
o de progresser dans la définition de politiques claires (droits d’auteurs, préservation, cycles de travail, nature des dépôts et des déposants) ;
o d’améliorer l’interopérabilité  .


5. Favoriser les archives

Nous recommandons :

• de promouvoir des stratégies, des politiques et des programmes de préservation à long terme qui reposent sur une approche commune ;
• d’adopter des directives qui fassent référence aux standards d’interopérabilité des archives et d’autres systèmes de gestion de la recherche et de l’e-science. Ces directives devraient couvrir des aspects comme l’échange de données et d’objets, des options de recherche avancées, d’intégration à d’autres systèmes d’e-science ainsi que des identifiants pérennes d’auteurs et de documents persistants ;
• de progresser vers des archives conviviales comportant des services nouveaux et à valeur ajoutée comme l’intégration et la diffusion automatique de contenus, des fonctions de mesure et de statistiques.



PLAN D’ACTION POUR LE DÉVELOPPEMENT DU LIBRE ACCÈS EN EUROPE DU SUD

Nous nous engageons à appliquer le plan d’action suivant :

Diffusion

o disséminer la « Déclaration de l’Alhambra » ;
o publier nos rapports nationaux en un seul document accompagné de recommandations ;
o traduire la « Déclaration de l’Alhambra » et les documents du séminaire.

Groupes de travail et plans d’action nationaux

o créer des groupes de travail nationaux pour le Libre Accès (à partir des délégations nationales au séminaire et comprenant des représentants de tous les acteurs) ;
o créer une coordination internationale des groupes de travail nationaux en harmonie avec des projets européens ;
o créer des plans et feuilles de route au nouveau national pour les trois prochaines années.

Actions spécifiques

o identifier des revues scientifiques au niveau national et à les aider tout au long de ce processus (enregistrement dans le DOAJ, financement, et délégation des premières étapes de contrôle au niveau national) ;
o élaborer un site web pour recueillir nos documents et la concrétisation de nos actions, comme les mandats, les recommandations, les bonnes pratiques et les incitations ;
o suivre les bonnes pratiques dans le domaine des archives ;
o s’employer à obtenir la signature des tutelles nationales.


Version du 14 mai

Texte de référence en langue anglaise