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Libre accès à l’information scientifique et technique : État de l’art et perspectives - janvier 2003

1er février 2003

Le Séminaire sur le Libre Accès   a réuni plus de 200 participants qui ont assisté aux interventions et débats que suscitent le courant du libre accès. Il a également été l’occasion de faire état d’attentes et d’expériences dans ce domaine. La question du libre accès à l’information scientifique et technique (IST) qui agite aujourd’hui une partie de la communauté scientifique est révélatrice d’un certain nombre de bouleversements survenus au cours des dernières décennies.
Si la « mercantilisation » de l’information a amené les éditeurs scientifiques à supplanter progressivement les institutions publiques en matière de diffusion de l’IST, les révolutions technologiques liées à l’informatisation et au développement des réseaux offrent aujourd’hui de nouvelles perspectives.

Soucieux de se réapproprier les mécanismes de l’édition savante, chercheurs et bibliothécaires tentent à présent de promouvoir des systèmes d’information « ouverts », à la fois mieux adaptés aux besoins de la communauté scientifique et basés sur de nouveaux modèles économiques.

Conséquences pour la diffusion de l’IST

Intervention de Pieter BOLMAN |Voir l’intervention...|
Directeur des Relations STM, Elsevier Science
Le mouvement du libre accès   a été décliné sous différentes formes depuis une dizaine d’années. Il puise son origine dans un principe idéaliste qui veut que la technologie nous libère de l’emprise maléfique des éditeurs scientifiques (de revues papier) en proposant des solutions alternatives meilleures et plus économiques. Cependant, on s’aperçoit peu à peu aujourd’hui que le « bon vieux » système est nettement plus robuste qu’on ne le supposait au départ et que les éditeurs apportent après tout une (certaine) plus-value. Dans le contexte de la « crise des périodiques » (serial crisis), dont la responsabilité est attribuée, par commodité, aux éditeurs (commerciaux), le mouvement a fait des adeptes dans le monde des bibliothèques, qui y a vu une solution aux problèmes budgétaires et un moyen d’échapper à ceux qui en sont la cause. La réalité est toute autre cependant puisque le mouvement n’a pas réussi à mettre en œuvre son utopie et que les possibilités les plus prometteuses sont en train d’être testées avec des modèles économiques qui présentent certaines carences fondamentales, à la fois du point de vue financier et du point de vue de la politique d’incitation des auteurs. Selon l’auteur de la communication, les conditions d’accès se sont considérablement améliorées au cours des sept dernières années et rien n’indique que les acteurs actuels (auteurs, lecteurs/utilisateurs, bibliothécaires, éditeurs, etc.) soient à ce point mécontents que la révolution du libre accès   vienne combler le besoin profond comme elle le prétend.

Intervention de Sally MORRIS |Voir l’intervention...|
Secrétaire Général, Association of Learned and Professional Society Publishers
Les éditeurs sont tous favorables à l’optimisation de l’accès aux travaux scientifiques ; cela est bénéfique à la fois pour les auteurs et les revues. Mais le libre accès n’est pas une solution du tout ou rien : il existe toute une palette de moyens permettant aux éditeurs d’accroître l’accès à leurs revues, comme la concession de licences, l’accès aux archives, les accords avec les auteurs, les marchés avec les pays moins développés, sans parler du modèle économique   du libre accès. Toutefois, l’édition est une activité onéreuse (même l’édition électronique ne permet pas de réduire les coûts de manière conséquente), et il faut bien rentrer dans ses frais d’une manière ou d’une autre. Placer les contenus en libre accès dans des archives ouvertes sans prévoir de modèle alternatif pour couvrir ses frais pourrait s’avérer désastreux, car les revues ont une valeur certaine pour la communauté scientifique. Il peut être séduisant de se tourner vers le modèle du libre accès mais ce n’est pas chose simple.

Intervention de Andy POWELL |Voir l’intervention...|
Directeur Adjoint UKOLN, Université de Bath, Membre du Comité Technique OAI