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Libre accès à l’information scientifique et technique : État de l’art et perspectives - janvier 2003

1er février 2003

Le Séminaire sur le Libre Accès   a réuni plus de 200 participants qui ont assisté aux interventions et débats que suscitent le courant du libre accès. Il a également été l’occasion de faire état d’attentes et d’expériences dans ce domaine. La question du libre accès à l’information scientifique et technique (IST) qui agite aujourd’hui une partie de la communauté scientifique est révélatrice d’un certain nombre de bouleversements survenus au cours des dernières décennies.
Si la « mercantilisation » de l’information a amené les éditeurs scientifiques à supplanter progressivement les institutions publiques en matière de diffusion de l’IST, les révolutions technologiques liées à l’informatisation et au développement des réseaux offrent aujourd’hui de nouvelles perspectives.

Soucieux de se réapproprier les mécanismes de l’édition savante, chercheurs et bibliothécaires tentent à présent de promouvoir des systèmes d’information « ouverts », à la fois mieux adaptés aux besoins de la communauté scientifique et basés sur de nouveaux modèles économiques.

Enjeux pour la communauté scientifique

Intervention de Laurent GUILLOPÉ |Voir l’intervention...|
Professeur, Université de Nantes, Directeur adjoint de la cellule MathDoc du CNRS
Après une brève présentation des activités de la Cellule MathDoc (CMD) de type bases de données, l’exposé se concentrera sur le programme de rétro-numérisation NUMDAM (piloté par la CMD pour le compte du CNRS). Conservation   du patrimoine culturel mathématique et amélioration de l’accès à la littérature pour les mathématiciens en sont des retombées attendues : des standards non propriétaires, des collaborations avec les différents acteurs du monde de l’édition scientifique, un modèle hautement structuré par des liens hypertextuels sont les choix basiques du programme NUMDAM. L’ouverture fin 2002 du site www.numdam.org montre de manière préliminaire les caractéristiques de NUMDAM, qui en font à la fois un fournisseur de données   et de services typique du monde OAI. Les question de métadonnées  , droit des auteurs et copyright  , de modèles économiques seront abordés, puis des exemples d’autres projets connexes à NUMDAM seront évoqués. En conclusion, on discutera de quelques bonnes pratiques attendues par les chercheurs en mathématiques.

Intervention de Daniel CHARNAY |Voir l’intervention...|
Directeur adjoint du Centre pour la Communication Scientifique Directe du CNRS
Présentation du CCSD et des services offerts : Le CCSD sont approche archives ouvertes : vocation internationale, orientation « chercheurs », souci de l’archivage   à long terme. Bases de données en texte intégral d’articles scientifiques et de thèses, bases de données de notices.
Présentations des services du CSSD : · -le serveur Hal sa vocation de serveur d’articles, sa connexion en tant que premier frontal de soummission vers ArXiv. L’extension MetHal pour les notices · -le serveur TEL, sa vocation de serveur de thèses. · -le miroir de consultation d’ArXiv, le miroir de Physnet Les collabarotions du CCSD avec Cornell, MathDoc, le CERN, l’INIST,... Les règles de soumission dans les serveurs du CCSD et les formats de documents supportés Les protocoles d’exports et les technologies utilisées.

Intervention de Stevan HARNAD |Voir l’intervention...|
Professeur de sciences cognitives, Université de Southampton, Université du Québec à Montréal
(Bien que je ne pense pas une minute que les chercheurs fassent de la recherche à des seules fins carriéristes ou matérielles, mon intervention supposera qu’ils agissent ainsi pour pouvoir parler un langage coûts/bénéfices que tout le monde comprend). Les chercheurs font de la recherche pour pouvoir avoir un impact, c’est-à-dire pour que leurs résultats puissent avoir un effet maximal sur le cours présent et futur de la recherche scientifique. La mesure de cet impact correspond au degré de visualisation, de lecture, d’utilisation, de reprise, de citation   et d’application par les pairs du travail du chercheur. C’est la preuve tangible de cet impact de la recherche qui apporte aussi aux chercheurs leur rétribution matérielle : salaire, promotion, titularisation, subventions de recherche, prestige, prix. Il est important de noter que les chercheurs ne recherchent ni ne perçoivent aucun revenu des accès payants à leurs travaux. Il s’ensuit logiquement que toute réduction dans l’accès résultant des systèmes à péage se traduit directement par une réduction de l’impact des travaux du chercheur. Il s’ensuit donc que pour accroître l’impact potentiel de leurs travaux, les chercheurs doivent en accroître l’accès. Ceci peut être réalisé (et l’est effectivement) par deux moyens complémentaires : en publiant dans des revues en libre accès (s’il en existe dans le domaine de recherche concerné) (Stratégie BOAI 2) ou en auto-archivant dans des archives Eprint en libre accès (Stratégie BOAI 1) les travaux publiés jusqu’à présent dans les revues avec comité de lecture à accès payant ; on compte aujourd’hui 20 000 archives en libre accès contre 200 revues avec comité de lecture en libre accès. L’optimisation de l’impact de la recherche est dans l’intérêt non seulement des chercheurs et du progrès de la recherche, mais aussi de leurs institutions, de leurs bâilleurs de fonds et du contribuable. A l’ère de Gutenberg, il n’était pas possible de proposer un libre accès au corpus de recherche validé par les pairs, en raison des coûts réels et inéluctables de la publication sur support papier. A l’ère du numérique, tous les coûts autres que ceux liés au comité de lecture (tout au plus 500 dollars par article) sont superflus. (Le revenu par article provenant de l’accès payant - et donc des rares établissements qui ont les moyens de payer l’accès aux revues dans lesquelles les articles sont publiés - avoisinne les 2000 dollars). Tant qu’il y aura un marché, les revues à accès payant pourront continuer et continueront d’exister, mais elles devront co-exister avec le libre accès à l’ensemble du corpus de la recherche, puisque les auteurs ou leurs établissements auto-archiveront tous les articles validés par les pairs. A bien y réfléchir, il est clair qu’il n’y a qu’une manière de résoudre le conflit d’intérêts de l’ère du numérique, à savoir entre ce qui est la meilleure solution pour les revenus provenant de l’accès payant et ce qui est la meilleure solution pour les fournisseurs de contenus scientifiques, maintenant que le libre accès a prouvé qu’il était un système non seulement possible mais aussi faisable, presque en un tournemain, par l’auto-archivage  . En conséquence, à partir de maintenant, les chercheurs ne pourront historiquement ne s’en prendre qu’à eux-mêmes si leur impact continue de faiblir en raison d’une limitation inutile de l’accès à leurs travaux.